Champignon responsable de la chalarose - Photo Sylvain Gaudin CRPF CA © CNPF (jpeg - 1792 Ko)

Origine et historique

La chalarose du frêne est une maladie provoquée par un champignon dont le nom d'espèce est Chalara fraxinea, et qui serait le résultat de l'introduction d'une espèce asiatique invasive.

La propagation a été rapide dans toute l'Europe depuis les premiers foyers en Pologne et en Lituanie au début des années 90. Plus de 40 départements français sont touchés en 2017.

La chalarose est provoquée par un champignon dont le nom de la forme asexuée est l’espèce Chalara fraxinea (partie du cycle ayant recours à la multiplication végétative).

La forme sexuée de ce champignon appartient au genre Hymenoscyphus. Une espèce de ce genre (Hymenoscyphus albidus) était déjà répertoriée en Europe depuis plus d’un siècle comme un champignon parasite du frêne commun. En revanche, celui-ci n'a jamais montré de capacités pathogènes, et participant uniquement à la chute des feuilles dans la litière.


Champignon de la Chalarose du frêne (jpg - 17 Ko)

A l’aide de marqueurs génétiques, il a été possible de comparer ces deux champignons et de mettre en évidence l’existence de deux espèces bien distinctes mais très proches sur le plan génétique.

Jusqu’alors inconnu des pathologistes, ce nouveau champignon pathogène du frêne a été baptisé : Hymenoscyphus fraxineus (forme sexuée).

Cette nouvelle espèce Hymenoscyphus fraxineus a pu être identifié comme identique à un champignon présent au Japon.

Celui-ci est inféodé aux espèces asiatiques de frênes (Fraxinus mandshurica, Fraxinus chinensis) mais sur lesquelles il ne provoque aucun dommage.

La maladie observée en Europe serait donc le résultat de l'introduction sur notre territoire d'une nouvelle espèce de champignon qui se révèle invasive et cause des dommages à une espèce hôte locale, le frêne.


Historique

Au début des années 90, des dépérissements de frênes sont signalés en Pologne et en Lituanie. Ils sont dans un premier temps imputés au réchauffement climatique. Ce n’est qu’en 2006 que le champignon est responsable de ces dépérissements, est décrite sous le nom de Chalara fraxinea (Kowalski 2006).

Les signalements se multiplient ensuite, mettant en évidence une propagation rapide à travers toute l’Europe. En 2011, la forme sexuée Hymenoscyphus fraxineus est identifiée.

Le premier foyer français est détecté en 2008 en Haute-Saône. Un deuxième foyer distinct est signalé dans le Pas-de-Calais en 2009.


La Chalarose fin 2017 - Source : DSF (png - 616 Ko)

Progressivement, les zones contaminées se rejoignent et plus de 40 départements sont touchés en 2017.

La progression se poursuit toujours vers l’ouest avec de nombreux signalements en Grande-Bretagne et la découverte récente d’un nouveau foyer dans le Cotentin.

Sauf contrainte climatique particulière, le champignon pourrait à terme coloniser la totalité de l’aire d’occupation du frêne commun.